Projet de prévention contre la traite des minorités ethniques en Bulgarie

Le 19 novembre 2012 s’est tenue la deuxième réunion du comité directeur du projet sur la prévention de la traite des minorités ethniques en Bulgarie, et tout particulièrement de la minorité rom de la région de Varna. Ce projet, financé par la France, a été coordonné par la Commission Nationale de la lutte contre la traite des êtres humains en Bulgarie, en étroite collaboration avec M. Panloup, Conseiller Technique Régional Français en charge de la lutte contre la traite des êtres humains en Europe du Sud-Est.

Cette deuxième réunion du Comité a été l’occasion de faire le point sur les avancées réalisées lors de la première phase de ce projet qui s’est échelonnée du 15 mars 2012 au 15 novembre 2012. Durant cette première phase, a notamment été mené un travail de recherche approfondie sur les facteurs de risques à l’origine de la traite au sein de la minorité rom de la municipalité de Varna. Cette étude sociologique a été menée sur un échantillon de population à risque au sein de la municipalité de Varna, et a notamment mis en évidence les liens existant entre la vulnérabilité à la traite, et les cas de grossesse précoce, et d’appartenance à une famille nombreuse. Cette étude a débouché sur la publication d’un manuel à destination des professionnels – bénévoles, spécialistes et experts - au contact des potentielles victimes. De nombreux experts présents lors de cette réunion ont d’ailleurs témoigné de leur intérêt pour ce manuel, et plus largement pour le projet dans son entier, et ont évoqué leur souhait de voir celui-ci traduit en anglais et en français très rapidement.

Ce projet a également donné lieu à la mise en place d’une équipe de coordination, agissant auprès des acteurs de terrain pour leur apporter une aide concrète dans leur travail avec les communautés roms. Un protocole a été mis au point et validé, afin de guider ces professionnels dans leur travail. Des sessions de formation de spécialistes, d’experts et de bénévoles ont également été organisées tout au long de ces huit mois. Un accent particulier a été mis au cours de ces sessions sur les mécanismes d’identification des victimes de traite, les différents indicateurs de la traite, et la nécessité d’établir un lien de confiance avec les populations à risques.

Ce projet est non seulement le reflet de l’excellente coopération qui existe aujourd’hui entre la France et la Bulgarie, mais plus largement il apparaît comme un projet pilote en matière de lutte contre la traite des personnes. En effet l’échelon local permet de tester la pertinence des politiques de prévention en matière de traite et l’efficacité des mécanismes de coordination mis en place. La réussite de ce projet appelle ainsi à une extension du projet à l’échelle nationale et plus largement régionale, afin de mieux prévenir la traite des minorités rom en Bulgarie et en Europe du Sud-Est. La mise en place à l’heure actuelle d’un partenariat entre les villes de Nice et Sofia, organisé par le conseiller technique régional, rappelle l’importance de la collaboration, notamment locale, entre pays d’origine et de destination, ceci afin d’adopter des stratégies cohérentes et intégrées qui permettent de lutter plus efficacement contre cette forme de criminalité transnationale organisée.

Dernière modification : 26/11/2012

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