Problème mondial de la drogue : déclaration des Etats francophones (New York, 19/04/2016)

Une déclaration des Etats francophones membres et observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie a été prononcée lors de la 3e session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur le problème mondial de la drogue par le Représentant du Maroc en tant que pays exerçant la présidence du Groupe des Ambassadeurs francophones à Vienne.

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S.E. Monsieur l’Ambassadeur Omar Hilale, Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies intervenant à la SEAGNU au nom du Groupe francophone

Déclaration du Groupe des pays francophones, membres et observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie lors de la Session Extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le problème mondial de la drogue

(New York, 19-21 avril 2016)

Monsieur le Président,

Cette déclaration est faite au nom du groupe des pays francophones, membres et observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie.

  • 1. La communauté internationale se trouve aujourd’hui à un moment décisif pour évaluer l’effectivité des stratégies nationales et internationales en matière de drogue et c’est tout l’objectif de cette session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur la drogue.
  • 2. Nous nous félicitons de l’adoption du document final de cette session à Vienne aux termes des travaux de la 59ème session de la Commission des Stupéfiants/lors de cette session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur la drogue et nous tenons, à cet égard, à féliciter tous les membres du Conseil chargé des préparatifs de la SEAGNU pour les efforts déployés dans le processus préparatoire ayant permis la finalisation du document, ainsi que tous ceux qui ont apporté des contributions à ce processus.

Monsieur le Président,

  • 3. Nous réaffirmons que le problème mondial de la drogue demeure une responsabilité commune et partagée qui doit être traitée dans un cadre multilatéral au moyen d’une coopération internationale efficace et accrue en totale conformité avec les buts et principes de la Charte des Nations Unies, du droit international et de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme.
  • 4. Il est nécessaire de mobiliser les ressources adéquates pour aborder et combattre le problème mondial de la drogue en prônant l’apport d’une assistance technique accrue aux pays en développement dans le cadre du principe de la responsabilité commune et partagée.
  • 5. Nous soulignons que les trois conventions de contrôle des stupéfiants ainsi que les autres instruments internationaux pertinents constituent la pierre angulaire du régime international de contrôle des drogues, tout en saluant les efforts déployés par les États parties pour se conformer aux dispositions de ces instruments et veiller à leur bonne application, y compris à la santé physique et morale de l’humanité, ainsi qu’à la résolution des problèmes de santé individuelle et publique, de société et de sécurité qui résultent de l’abus de stupéfiants et de substances psychotropes, en particulier chez les enfants et les jeunes.
  • 6. Nous reconnaissons que les systèmes de santé publique, devraient être renforcés, en particulier en ce qui concerne la prévention, le traitement, la prise en charge et la réadaptation, dans le cadre d’une approche globale et équilibrée qui comprend également des initiatives et mesures fondées sur des données scientifiques visant à réduire au minimum les conséquences néfastes de l’abus de drogues sur la santé publique et la société.
  • 7. À cet égard, nous nous engageons à promouvoir le bien-être de la société dans son ensemble à travers l’élaboration de stratégies efficaces fondées sur et adaptées aux besoins des individus, des familles et des communautés en tant que partie intégrante des politiques nationales globales et équilibrées sur une base non discriminatoire.

Monsieur le Président,

  • 8. Nous sommes préoccupés par le fait qu’environ 80% de la population mondiale a peu ou pas d’accès aux médicaments contrôlés pour le traitement de la douleur modérée ou sévère. Le Groupe appelle la communauté internationale à assurer la disponibilité adéquate de substances placées sous contrôle international, y compris d’opiacés, à des fins médicales et scientifiques, tout en prévenant leur détournement et leur trafic vers les circuits illicites, conformément aux conventions internationales relatives au contrôle des drogues. Il est donc urgent d’éliminer les différents obstacles à l’importation, à la distribution et à l’utilisation de ces médicaments.
  • 9. Nous sommes appelés à réagir aux sérieux problèmes que posent les liens de plus en plus forts entre le trafic de drogues, la corruption et d’autres formes de criminalité organisée, incluant, dans certains cas, le terrorisme et son financement.
  • 10. Nous devons poursuivre les efforts engagés pour prévenir l’expérimentation et l’usage régulier des substances placées sous contrôle international. Il est maintenant scientifiquement avéré que leur consommation précoce expose les enfants et les jeunes à des risques de dommages cérébraux, intellectuels et psychiques et augmentent le risque de dépendance à ces substances.
  • 11. Nous avons une responsabilité particulière vis-à-vis des jeunes. Cette responsabilité c’est celle de l’Etat, des professionnels en contact avec les enfants et les jeunes, mais aussi des familles, ou de tous ceux qui peuvent aider les jeunes à réaliser des choix éclairés pour la suite de leur parcours de vie. Les Etats membres du groupe veilleront à ce que les jeunes disposent des ressources et outils nécessaires à une participation active aux processus décisionnels concernant les enjeux qui les affectent, y compris à la formulation de politiques et actions contre les conséquences auxquelles ils sont exposés, qu’ils s’agissent de la toxicomanie, du VIH-Sida que des autres aspects liés à la santé.

Monsieur le Président,

  • 12. L’efficacité de la prévention des conduites addictives repose sur la mise en place d’une politique globale et équilibrée qui conjugue prévention, interventions précoces, soins, application de la loi et lutte contre le trafic.
  • 13. Il est essentiel que les stratégies de prévention tiennent compte des connaissances récentes sur les risques associés aux consommations des substances psychoactives.
  • 14. Cette approche scientifique de la prévention, fondée sur les données de la recherche, des méthodes évaluées, des recommandations d’experts doit guider le choix des programmes de prévention financés par les Etats.
  • 15. Les programmes de prévention fondés sur le développement des compétences psychosociales des jeunes et de leurs parents sont en ce sens exemplaires. Ils favorisent la mise en place d’une démarche globale de prévention, d’éducation et de promotion de la santé permettant de mobiliser l’ensemble des compétences nécessaires.
  • 16. En milieu scolaire, notamment, l’objectif est d’adapter la prévention aux différents âges et de favoriser une prévention progressive et sur la durée, tout en associant les parents. Nous devons ainsi promouvoir la formation initiale et continue, le maillage et les synergies entre les différents professionnels concernés, la formation à la prévention des conduites addictives pour tous les professionnels en relation avec les jeunes et le renforcement de pratiques professionnelles partagées entre l’ensemble des acteurs (magistrats, policiers, intervenants sociaux, éducateurs, professionnels de santé.

Monsieur le Président,

  • 17. Par ailleurs, nous nous engageons à optimiser nos efforts pour prévenir et combattre les cultures, la production, la fabrication et le trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes, ainsi que pour traiter les causes et les conséquences de la criminalité et de la violence liées aux drogues.
  • 18. A cet égard, il est nécessaire de veiller à renforcer les programmes de réduction de l’offre qui comprennent, entre autres, des mesures préventives ayant trait notamment aux facteurs socioéconomiques susceptibles de favoriser la criminalité transnationale organisée et la criminalité liée aux drogues.
  • 19. De même, nous appelons à renforcer la coopération régionale, sous-régionale et internationale en matière pénale, notamment en matière de coopération judiciaire, dans les domaines, entre autres, de l’extradition et de l’entraide judiciaire y compris par la fourniture d’une assistance technique ciblée, tout en assurant le respect et la promotion des droits de l’Homme.
  • 20. Dans un autre registre, nous partageons notre inquiétude face au problème de l’apparition de nouvelles substances psychoactives (NSP) ayant des effets nocifs sur la santé, et à la menace évolutive que représentent les stimulants de type amphétamine, dont la méthamphétamine, et nous soulignons qu’il est primordial de favoriser la mise en place de ripostes efficaces fondées sur des données scientifiques face à ce problème des NSP et plus particulièrement à leurs effets sanitaires et sociaux nocifs.

Monsieur le Président

  • 21. Pour mieux cerner le problème mondial de la drogue, il est nécessaire de s’attaquer aux problèmes socioéconomiques liés à la production, le trafic et la consommation des drogues en mettant en œuvre des politiques et programmes globaux antidrogue à long terme, axés sur le développement durable, notamment des programmes de développement alternatif.
  • 22. A cet égard, il faut envisager d’intégrer une perspective plus marquée de développement dans des politiques et des programmes nationaux relatifs aux drogues de manière à traiter les facteurs de risque qui influent sur les individus, les communautés et la société.
  • 23. Nous appelons toutes les parties prenantes à soutenir davantage, y compris par un financement souple et à long terme, la mise en place des programmes globaux de lutte contre la drogue, équilibrés et axés sur le développement durable, de promotion de la santé et de solutions économiques qui se fondent sur les besoins recensés et les priorités nationales.

Monsieur le Président,

  • 24. Le groupe des pays francophones, membres et observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie demeure résolu à prendre les mesures nécessaires pour donner suite aux recommandations et conclusions de cette session extraordinaire, en étroit partenariat avec l’Organisation des Nations Unies et d’autres organisations intergouvernementales et entités de la société civile, et veiller à ce que les informations sur les progrès réalisés dans l’application de ces recommandations soient communiquées et analysées par la Commission des Stupéfiants en tant qu’organe directeur des Nations Unies chargé en premier lieu des questions relatives au contrôle des drogues.

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La déclaration de l’Ambassadeur du Maroc début à 1 heure 30 minutes et 54 secondes.

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Dernière modification : 14/03/2017

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