Portraits de francophones : Mme Ghada Fathi Waly

L’année 2020 marque le cinquantenaire de la Francophonie, dont l’un des principaux objectifs est la promotion et la défense de la langue française et du multilinguisme, qui est un élément essentiel du système multilatéral.

Découvrez ci-dessous le portrait de Mme Ghada Fathi Waly, directrice générale de l’Office des Nations Unies à Vienne et directrice exécutive de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.

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Quel rôle l’apprentissage et la maîtrise du français a-t-elle joué dans votre parcours professionnel ? Et sur le plan personnel ?

Le français fait partie de ma vie depuis mon enfance. Ayant effectué ma scolarité dans une école française au Caire, j’ai baigné dans la culture française et francophone, qui ont toujours coexisté chez moi avec ma propre culture égyptienne et arabophone. Je l’ai vécu comme une immense richesse sur le plan personnel et professionnel, une opportunité d’élargir mes horizons en termes de rencontres, de lectures et de points de vue, et enfin, le sentiment d’appartenance à une communauté représentée dans le monde entier. Dans ma vie professionnelle, que ce soit au sein d’une ONG internationale, au Programme des Nations Unies pour le développement, au Ministère de la solidarité sociale en Egypte ou bien dans mon rôle actuel, la capacité de m’entretenir en français avec mes interlocuteurs francophones déverrouille souvent des possibilités de compréhension réciproque qui ne seraient pas accessibles autrement.

En quoi la connaissance du français (ou d’une autre langue officielle des Nations Unies) est-elle un atout pour faire carrière dans le système multilatéral ? Le multilinguisme vous semble-t-il utile au bon déroulement de votre travail ? Et dans la vie de tous les jours ?

Justement, dans un cadre multilatéral et un contexte de négociation, lorsqu’il s’agit de convaincre et de rassembler autour d’une idée ou d’un projet, le fait de partager une langue avec ses interlocuteurs favorise la bonne entente et le rapprochement autour de valeurs communes. Le multilinguisme est aussi essentiel pour être à l’écoute du public, mieux lui faire comprendre le travail des Nations Unies et son impact sur la vie quotidienne des gens. Cette année, pour marquer le 75ème anniversaire des Nations Unies, nous avons organisé une grande conversation mondiale pour savoir comment les citoyens du monde voient leur avenir, dans quel monde ils aimeraient vivre et comment la coopération entre les nations dans le cadre de l’ONU peut contribuer à bâtir ce monde. Nous invitons le grand public à répondre à un sondage sur ces questions, qui est déjà disponible dans plus de 50 langues, ici : https://un75.online/. Chaque voix compte ! Le multilinguisme aux Nations Unies permet de promouvoir l’inclusion et la diversité.

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Sur quel plan estimez-vous que la Francophonie devrait s’impliquer davantage ? Pour quelles raisons ?

La sensibilisation du grand public, mais aussi des décideurs, aux vertus du multilinguisme, est une dimension essentielle et c’est là que le fait de présenter des exemples positifs, illustrant l’importance du multilinguisme – y compris de la maîtrise du français – pour la compréhension interculturelle mais aussi la réussite professionnelle, peut marquer les esprits. Mais l’exemple des organisations internationales, que je connais d’expérience, montre que la volonté de pratiquer le multilinguisme et d’accorder une place importante au français est souvent bien présente, ce sont les moyens qui font défaut. Pour faire la différence, des formes de soutien concret de la part de la Francophonie, comme le fait d’offrir des formations linguistiques ou le détachement temporaire de collaborateurs pourraient être efficaces.

Quelle nouvelle langue aimeriez-vous apprendre si vous aviez l’occasion et le temps ? Pourquoi ce choix ?

Je suis passionnée par l’apprentissage des langues étrangères – à part le français et l‘anglais, j’ai également appris l’espagnol, ce qui fait qu’avec ma langue maternelle, l’arabe, j’ai la chance de parler quatre des six langues officielles des Nations Unies. Chaque langue offre des clés de compréhension d’une ou plusieurs cultures, et c’est en cette richesse que je trouve ma motivation. Ayant pris mes fonctions à Vienne début février, j’ai développé un profond intérêt pour la culture de notre pays hôte, l’Autriche, alors si le temps me le permet, j’ambitionnerais d’apprendre l’allemand. En tant qu’amatrice d’opéra et de théâtre, j’ai le sentiment que la maîtrise de l’allemand me permettrait de prendre part davantage à la vie culturelle autrichienne et d’apprendre à mieux connaître notre communauté hôte, si accueillante envers le personnel des Nations Unies.

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Dernière modification : 10/08/2020

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