Portraits de femme (8/8) : Simonetta di Pippo

Simonetta di Pippo, est la directrice du bureau des affaires spatiales.

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1. Quelles sont les spécificités de votre parcours en tant que femme aux Nations unies ? Quelles difficultés particulières avez-vous pu rencontrer en tant que femme dans votre carrière ?

À l’ONU, où je suis actuellement directrice du Bureau des affaires spatiales (BAS), la situation évolue de manière très dynamique. L’importance de la parité et de l’empowerment des femmes est reconnue à l’échelle mondiale et nous déployons des efforts à l’échelle de l’organisation pour améliorer la position et la représentation des femmes. Malheureusement, à l’heure où la plupart des entités ne sont qu’à dix points de pourcentage de la parité, les femmes restent nettement sous-représentées dans certaines des catégories les plus visibles et les plus essentielles : les postes de direction et d’encadrement, et sur le terrain, en particulier dans les zones touchées par des conflits. En fait, il existe une corrélation négative entre la proportion de femmes et le grade - à mesure que les grades augmentent, la proportion de femmes diminue, ce qui tend à prouver qu’il y a des obstacles à l’avancement professionnel des femmes au sein de l’ONU. Moi-même, je suis encore souvent l’une des rares femmes, parfois même la seule, à siéger à des réunions de haut niveau ou à prendre la parole lors de débats ou de tables rondes importantes. Toutefois, l’organisation reconnaît vraiment et ouvertement qu’un travail supplémentaire est nécessaire, et nous essayons tous ensemble de franchir cette dernière marche.

Dans le passé, la situation était très différente. Au début de mes études et de ma carrière, il m’est arrivé d’éprouver personnellement l’impact de l’inégalité entre les hommes et les femmes. Au début de mes études de maîtrise en astrophysique et en physique spatiale, 50 % des 300 étudiants de la classe étaient des femmes ; cependant, au moment de soutenir notre thèse, ce chiffre n’était plus que de 10 %. Malheureusement, dans les domaines des sciences et des technologies en général, et dans le secteur spatial en particulier, le faible nombre de femmes est une problématique récurrente et la situation n’a que très peu évolué à ce jour.
Heureusement pour moi, ma curiosité et mon désir d’apprendre m’ont incitée à rester dans le domaine des sciences et des technologies. Mon expérience personnelle me conduit à penser que les obstacles auxquels on peut faire face peuvent être surmontés si l’on des idées claires sur ses objectifs et si l’on est pleinement engagé à les atteindre. J’essaie maintenant, par le biais de différentes activités à l’ONU mais aussi à l’extérieur, de tirer parti de mon expérience, tant positive que négative, pour encourager les femmes et les jeunes filles et les pousser à être plus nombreuses à poursuivre des études et une carrière ambitieuse, en particulier dans le domaine des sciences et des technologies et de l’espace. Au fil des années, je n’ai jamais considéré les obstacles rencontrés comme insurmontables, mais je les ai plutôt perçus comme autant d’occasions de grandir et de développer mes capacités. Cela m’a amenée à devenir la première femme à occuper le poste de directrice de l’Agence spatiale européenne en 2008, par exemple, et je suis toujours dans les annales pour avoir été, jusqu’à présent, la seule femme dans une agence spatiale au monde à être directrice des vols spatiaux habités.

Ce qu’il faut, c’est un ensemble de qualités, à savoir le dévouement, la détermination, l’engagement, la passion, le sens du devoir et la satisfaction très personnelle d’être capable de faire les bonnes choses et de bien les faire !

2. Comment favoriser l’accession des femmes à des postes de responsabilité ? Qu’avez-vous mis en place pour y parvenir au sein de votre organisation ?

Avant de discuter de la manière de promouvoir davantage de femmes à des postes où elles exercent une autorité et un pouvoir décisionnel nécessaires pour influencer les entreprises, les organisations et la société en tant que telle, je veux souligner pourquoi c’est extrêmement important. L’empowerment des femmes et des filles est avant tout une responsabilité éthique et sociale et l’égalité entre les hommes et les femmes est l’un des droits humains fondamentaux consacrés par la Charte des Nations unies, le document fondamental de l’organisation signé en 1945.

Il y a aujourd’hui une plus grande reconnaissance de la nécessité d’assurer une participation pleine et effective des femmes, et un égal accès aux domaines de l’éducation, de l’emploi et du leadership, et de la vie politique et sociale. L’Agenda 2030 pour le développement durable, dans lequel les dirigeants du monde entier se sont engagés en faveur d’un monde meilleur pour tous, partout dans le monde, fait de l’égalité entre les hommes et les femmes une question à part entière - l’un des 17 objectifs du développement durable (ODD), en particulier le cinquième objectif stratégique. L’empowerment des femmes est et continuera d’être la condition préalable à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Sur le plan économique, une étude récente du McKinsey Global Institute a révélé que, si les femmes participaient à l’économie de la même façon que les hommes, cela représenterait 28 milliards de dollars, soit 26 %, du PIB mondial annuel en 2025, si l’on compare aux tendances actuelles. Malheureusement, selon le Forum économique mondial, l’atteinte de la parité économique entre les hommes et les femmes pourrait prendre plus de 200 ans au rythme actuel.

Aujourd’hui, les femmes sont encore sous-représentées dans de nombreux secteurs clés, notamment les politiques publiques et les sciences et les technologies, qui sont les deux secteurs les plus étroitement liés à mon activité. Lorsque les femmes ratent des occasions, ou lorsque leurs contributions ne sont pas pleinement réalisées, nous n’exploitons pas pleinement leur talent, leur potentiel, leurs idées et leurs perspectives, et cela entrave grandement les progrès réalisés pour relever les défis mondiaux auxquels l’humanité est confrontée. L’écart entre les sexes tend à se creuser à mesure que l’on regarde plus haut dans la pyramide hiérarchique. Les postes de direction et les rôles à haut degré de responsabilité sont trop souvent perçus comme dominés par les hommes et les statistiques ne font que souligner ces problèmes. Les femmes représentent moins d’un quart de la classe politique mondiale, à peine 5 % des entreprises du Fortune 500 comptent des femmes à leur tête, et dans les STEM, nous n’avons que 28 % de femmes chercheurs. Dans le secteur spatial, la situation est encore pire, les femmes ne représentant qu’environ 20 % de la main-d’œuvre spatiale mondiale ou, historiquement, seulement 11 % des astronautes.

Il est choquant pour moi, en tant que professionnelle, mais encore plus en tant que femme, que nous ne tirions toujours pas pleinement parti du talent, des compétences et de l’ingéniosité de la moitié de la population mondiale dans des postes qui sont si cruciaux pour la société. Faire progresser la participation et le leadership des femmes dans le secteur spatial et encourager les jeunes femmes et les jeunes filles à étudier les STEM a toujours été un objectif personnel et professionnel pour moi et, au BAS, nous attachons la plus grande importance à l’égalité des sexes. Le projet " Un espace pour les femmes ", élaboré et coordonné par le Bureau, vise à renforcer la sensibilisation, les capacités et les compétences des individus et des institutions, en mettant l’accent sur l’importance de promouvoir l’égalité et la parité des sexes dans le secteur spatial.

Quatre actions concrètes constitueront la base du projet. Premièrement, afin de créer des politiques saines et efficaces et de promouvoir le dialogue entre diverses parties prenantes, le projet vise à organiser des conférences internationales avec des représentants des gouvernements, du secteur privé, du monde universitaire, de la société civile et des personnalités publiques pour échanger des idées et des opinions sur la meilleure façon de remédier à la sous-représentation des femmes dans les STIM et d’agir ensemble.

En outre, dans le cadre des efforts de renforcement des capacités, nous avons l’intention de faciliter les activités dans les pays en développement et de fournir des conseils, des compétences, des connaissances et des données aux institutions compétentes du monde entier pour améliorer l’accès et l’utilisation des technologies spatiales afin de motiver, éduquer et former les femmes et les filles dans leurs sociétés.

L’absence de modèles féminins s’est avérée être l’un des principaux facteurs qui dissuadent les jeunes filles et les femmes d’opter pour l’éducation et la carrière dans les STEM. Afin d’attirer un public plus large et de renforcer l’attrait des STEM, le projet vise à créer un réseau de championnes de l’espace pour les femmes. Le Réseau des champions se concentrera sur le plaidoyer et la sensibilisation, afin de fournir des modèles et des mentors pour inspirer, guider, encourager et soutenir les femmes et les filles dans la poursuite d’études et de carrières en STEM dans le secteur spatial.

Enfin, afin d’étendre les opportunités de réseautage à des publics du monde entier, nous développons une plateforme de l’Espace pour les femmes en tant que plaque tournante pour les initiatives mondiales sous l’égide de l’ONU. Ici, les femmes et les filles pourront se parler, partager et échanger des informations sur les études et le travail dans le secteur spatial et dans les domaines des STIM. Ces stratégies visent à réduire les obstacles et à accroître la participation des femmes et des filles à l’enseignement des STIM et aux carrières dans le secteur spatial afin qu’il n’y ait aucune limite à ce qu’elles peuvent accomplir.

3. Quels sont les enjeux de la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle au sein de votre organisation ? Comment peut-on favoriser un meilleur équilibre sur ce point ?

Maintenir un sain équilibre entre le travail et la vie personnelle dans un environnement aussi actif que l’ONU, et dans de nombreux postes de direction en général, peut s’avérer difficile, et dans mon cas, cela ne fait pas exception. L’horaire chargé des déplacements et les journées plus longues au Bureau font partie de la routine, cependant, voir les résultats des efforts supplémentaires est toujours très satisfaisant. Personnellement, je peux dire que même si le temps passé à l’ONU peut être fastidieux et exigeant, le sentiment positif inhérent d’aider les gens du monde entier est gratifiant et j’en apprécie chaque seconde.

Il est en effet essentiel de créer un milieu de travail inclusif, diversifié et qui accorde la priorité à un sain équilibre entre le travail et la vie personnelle pour garder les employés motivés, dévoués et capables d’accomplir leur travail avec une grande qualité. Reconnaître les besoins de la main-d’œuvre et y répondre peut réduire le stress tout en augmentant la productivité, ce qui profite tant aux employés qu’à l’organisation. Pour faire en sorte qu’un tel environnement soit accessible à un nombre croissant d’employés, le projet Espace pour les femmes encourage les dirigeants et les décideurs de l’industrie à créer un environnement de travail favorable grâce à des politiques favorables à la famille, à des modalités de travail souples et à des normes de conduite pour favoriser un changement culturel dans les organisations spatiales.

L’équilibre entre le travail et la vie personnelle est toujours un processus à double sens. Bien que l’organisation et ses dirigeants doivent reconnaître l’existence d’un environnement bien équilibré et s’efforcer de le créer au moyen de processus officiels et d’une adaptation efficace aux nouvelles tendances de l’emploi, ce sont aussi les personnes qui jouent un rôle clé à cet égard. Chaque personne utilise des méthodes de travail différentes et apporte sa propre éthique de travail ou sa propre routine quotidienne, ce qui lui permet d’élaborer son propre horaire de travail en fonction de ses préférences. En outre, c’est le personnel qui doit faire connaître ses besoins et ses préoccupations et les communiquer clairement à ses supérieurs hiérarchiques. Former les employés à gérer la pression, les délais serrés et parfois une quantité de travail excessive en établissant des priorités, en déléguant et en planifiant avec diligence devrait être la prérogative de tous les gestionnaires et cadres supérieurs qui utilisent leur propre expérience pour servir de modèles de rôle. Ce n’est que si les deux parties sont capables de communiquer efficacement l’une avec l’autre que vous pourrez trouver des solutions durables.

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4. Comment voyez-vous l’évolution de la place des femmes dans vos domaines techniques ?

Au fil des ans, les femmes ont apporté une contribution précieuse au succès de l’exploration spatiale, même en période de grande inégalité. Au tournant des XIXe et XXe siècles, un groupe de femmes talentueuses a été embauché par l’Observatoire de Harvard pour traiter les données astronomiques en tant que travailleurs qualifiés. Le groupe, connu sous le nom de "Harvard Computers" étaient des pionnières dans le domaine de l’astronomie et leurs travaux ont conduit à l’établissement d’un système de classification stellaire qui est toujours en usage aujourd’hui. Dans les années 1920, Cecilia Payne a présenté sa thèse de doctorat sur la composition des étoiles - un sujet fondamental de l’astrophysique encore mal compris. Bien que les résultats de son travail n’aient pas été acceptés immédiatement, la reconnaissance ultérieure a apporté une révolution dans la compréhension de la structure stellaire.
Dans les années 1940 et les décennies suivantes, un groupe remarquable de femmes, travaillant dans ce qui allait devenir le Langley Research Center de la NASA en Virginie, ont brisé leurs propres barrières sexuelles mais aussi raciales, puisque plusieurs femmes afro-américaines ont également été engagées. Ce sont les calculs précis effectués par les mains de ces femmes qui ont aidé l’humanité à lancer des fusées, à envoyer des vaisseaux spatiaux Voyager au-delà du système solaire et à atterrir sur la Lune. Un exemple plus récent est celui d’un informaticien américain qui a aidé l’équipe du télescope Event Horizon à capturer la première image d’un trou noir. Tout au long de l’histoire, nous avons aussi vu des astronautes célèbres, dont la première femme dans l’espace, Valentina Tereshkova, pour aider l’humanité à franchir les frontières de l’espace.

Le changement insignifiant de la participation des femmes dans le secteur spatial au cours des dernières décennies peut laisser penser que nous avons toutes les raisons d’être sceptiques quant à l’amélioration de la situation. Néanmoins, je suis convaincue que la nécessité de reconnaître et d’encourager la participation des femmes, y compris dans le domaine spatial et dans celui des STEM, est plus importante que jamais et, en fait, nous constatons déjà des efforts pour y remédier. Par exemple, Claudia Kessler, une femme leader dans le secteur spatial avec laquelle j’ai co-fondé l’organisation Women in Aerospace Europe, dirige actuellement "Astronautin", une organisation à but non lucratif visant à faire voler la première femme allemande dans l’espace en 2020 et à inspirer les filles.

L’espace a toujours représenté un champ de "demain", source de rêves et d’inspiration, moteur de nouvelles inventions, technologies et découvertes scientifiques. L’avenir de l’emploi est en effet un avenir plein de STEM. Les estimations montrent qu’environ 90 % des nouvelles possibilités d’emploi au cours des prochaines années et décennies exigeront, d’une manière ou d’une autre, des connaissances et des compétences liées aux STIM. Il n’y aura pas d’obstacles à la participation des filles et des femmes, ni dans ce domaine ni dans aucun autre, si nous voulons parvenir à une société juste et garantir l’égalité d’accès de tous aux chances, aujourd’hui et à l’avenir.

La communauté spatiale internationale a besoin d’un effort collectif supplémentaire pour promouvoir davantage l’égalité des sexes dans l’espace, et je suis convaincue qu’ensemble, nous réussirons à attirer davantage de femmes et de filles dans les domaines des STIM en général, et dans l’espace en particulier. Nous avons également besoin d’un plus grand nombre de modèles féminins, et j’aimerais mentionner ici la rencontre historique à bord de la Station spatiale internationale entre Peggy Whitson, commandant de l’ISS, et Pamela Melroy, commandant de la navette, en 2007. Va-t-on voir une femme comme le premier astronaute à retourner sur la Lune ? Nous l’espérons bien !

5. Si vous aviez une suggestion à faire pour améliorer la place dans femmes dans les organisations internationales, quelle serait-elle ?

L’inégalité entre les sexes n’ayant pas sa place dans le monde moderne, les organisations internationales, en particulier l’Organisation des Nations Unies, ont été particulièrement étudiées. L’objectif de la parité des sexes à tous les niveaux de l’ONU est un engagement qui reflète les valeurs fondamentales de l’organisation.
La stratégie du Secrétaire général de l’ONU sur la parité entre les sexes à l’échelle du système, adoptée en 2017, énonce un certain nombre de mesures concrètes qui doivent être encouragées et mises en œuvre pour aborder cette question de front. L’application cohérente de mesures spéciales pour atteindre la parité en matière de recrutement, de rétention, de progression et de gestion des talents est une étape cruciale. Ces mesures comprennent l’obligation pour les gestionnaires d’embauche de recommander 50 % de femmes et 50 % d’hommes pour tous les types de postes vacants, à tous les niveaux, y compris les postes de direction, dans la mesure du possible. De plus, nous devons lutter contre les préjugés inconscients dans le recrutement par le biais d’une formation spécifique à l’intention des gestionnaires d’embauche et par la mise en place de comités d’évaluation équilibrés entre les sexes.

Dans le domaine spatial, dans le cadre du projet " Un espace pour les femmes ", nous offrirons aux jeunes filles et aux femmes un mentorat professionnel spécialisé afin de les attirer dans le secteur et d’améliorer leurs chances d’accéder à des postes de direction dans des organisations qui ont un impact aussi important sur la société. L’importance des mentors et des modèles qui travaillent dans l’industrie pour guider, parrainer et inspirer les femmes à travers leurs expériences personnelles fait partie intégrante de l’objet du projet dans son ensemble. Un réseau de modèles de rôle, de femmes dans les STEM et dans l’espace, peut également contribuer à réduire l’effet de " fuite ", où les filles et les femmes s’auto-sélectionnent parmi les sujets STEM ou les carrières du secteur spatial. La plate-forme Espace pour les femmes, déjà mentionnée ci-dessus, comprendra également un réseau de tutorat où de jeunes experts, ainsi que des champions de l’espace, seront invités à soutenir et à encadrer leurs collègues du secteur spatial.

6. L’ONU a lancé l’initiative «  gender champions  », dont les représentants se sont engagés à ne pas participer à des panels exclusivement masculins. Vous est-il arrivé de refuser d’assister à un panel composé exclusivement d’hommes, ou d’être la seule femme parmi un panel ?

Dans le domaine spatial, la question des panneaux entièrement masculins peut s’avérer très délicate. Lorsqu’un événement se termine avec un panel composé uniquement d’hommes, cela peut être le résultat d’une réflexion insuffisante sur la façon d’explorer les options pour assurer la participation des femmes. Parfois, la raison peut être d’autant plus inquiétante que lorsqu’il s’agit de certains panels de direction, comme celui des chefs des agences spatiales, c’est malheureusement un fait qu’il n’y a tout simplement pas assez de femmes à ces postes et j’utilise donc ces panels comme une occasion de sensibiliser à l’importance de briser le plafond de verre et de promouvoir davantage les femmes aux postes de direction.

Dans le processus de sélection des orateurs d’un panel, il faut viser la représentation la plus qualifiée, et je crois que ce n’est que rarement qu’il peut y avoir des contraintes pour trouver des femmes et des hommes qui ont une vision unique sur un sujet donné. En tant que championne internationale de l’égalité des sexes, j’ai la responsabilité, que j’ai déjà exercée à plusieurs reprises, d’avoir une conversation avec les organisateurs au sujet de la composition des panels. Mettre la question au premier plan et demander un changement peut rappeler aux organisateurs, à l’auditoire et aux autres panélistes d’être conscients de l’autonomisation des femmes et de son importance jusqu’à ce qu’elle devienne finalement la norme.

L’UNOOSA intègre une perspective sexospécifique dans toutes ses activités de renforcement des capacités, notamment en s’efforçant d’assurer une participation égale des femmes aux tables rondes, ateliers, formations et possibilités d’éducation qu’il organise sur les activités spatiales.

Si l’on ne donne pas aux femmes des chances égales d’exprimer leurs opinions et leurs préoccupations spécifiques, toute discussion ou tout effort de renforcement des capacités est incomplet. Afin de réaliser le Programme 2030, il est essentiel que nous capitalisions sur les perspectives et les compétences uniques que les femmes offrent et que nous veillions à ce qu’elles bénéficient des efforts de renforcement des capacités qui les impliquent ou les touchent, mais aussi qu’elles y contribuent.
Comme je le dis souvent aux auditoires du monde entier lorsque je parle d’égalité entre les sexes, les technologies et applications spatiales sont cruciales pour l’existence de l’humanité au XXIe siècle, car elles nous donnent les moyens de communiquer, de naviguer, de gérer les catastrophes, de prévoir le temps, de surveiller le changement climatique et bien plus encore. C’est une ressource importante pour nous tous, hommes et femmes.

Nous avons un grand défi à relever, mais en même temps une grande opportunité de façonner l’un des domaines les plus influents et, en fin de compte, de façonner la société tout entière pour un avenir meilleur, juste et durable pour toute l’humanité.

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Dernière modification : 16/10/2019

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