Portrait de Jeunes Experts Associés (JEA) #1

Découvrez huit portraits de jeunes experts associés (JEA) actuellement en poste au sein des Nations unies à Vienne. Brunelle Battistella, JEA au sein de l’AIEA, travaille dans la division de la sécurité nucléaire.

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1. Quel a été ton parcours avant de postuler pour un JEA ?

Fin 2012, j’ai terminé mon Master en Affaires et Relations Internationales à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence par un stage de fin d’études effectué à la Chancellerie politique de l’Ambassade de France en Inde. Cette expérience m’a confortée dans ma décision de travailler dans la diplomatie multilatérale et j’ai donc accepté une offre de stage au sein de la Section des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale de la Commission Préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), à Vienne, en Autriche, où je me suis familiarisée davantage avec les questions de non-prolifération et de sécurité nucléaires. L’expérience a été très intéressante et c’est pourquoi, quand l’Institut Mondial pour la Sécurité Nucléaire (WINS en anglais) m’a proposé un poste à temps plein, j’ai tout de suite accepté. Pendant trois ans, j’ai travaillé en tant que chargée de projet sur leur programme de développement professionnel en matière de gestion de la sécurité nucléaire, l’« Académie WINS », en étroite collaboration avec des bailleurs, des organisations internationales, telles que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) bien sûr, et des professionnels de la sécurité nucléaire. Lorsque j’ai pris connaissance de l’ouverture d’un poste de Jeune Expert Associé (JEA) au sein de la Division de la sécurité nucléaire de l’AIEA, cela m’est apparu comme la suite logique de mon parcours professionnel.

2. Comment as-tu eu connaissance du programme JEA et qu’est-ce qui t’a poussé à postuler ?

J’avais connaissance du programme JEA depuis mes études, où il nous avait été présenté lors d’un cours magistral par un intervenant qui travaillait pour la Direction des fonctionnaires internationaux au Ministère des Affaires étrangères ; mais c’est une amie qui m’a alertée sur l’ouverture de ce poste en particulier en février 2016. À l’époque, mon poste chez WINS me plaisait beaucoup et je ne cherchais pas à en changer. J’avais acquis beaucoup de responsabilités rapidement et entretenais d’excellentes relations avec ma direction. Pour autant, ce JEA était l’occasion parfaite d’entrer à l’AIEA sur un poste qui paraissait au moins tout aussi intéressant que celui que j’occupais alors, tout en me rapprochant des questions de diplomatie dont je m’étais un peu éloignée ces dernières années. Finalement, c’est cet aspect qui m’a convaincue et j’ai postulé en sachant que, si cela fonctionnait, ce changement serait sans doute un coup de pouce important pour ma carrière.

3. Décris-nous ton quotidien et tes fonctions et son évolution depuis ton arrivée à Vienne

Je travaille dans la section de la Gestion de l’Information de la division de la sécurité nucléaire de l’AIEA sur le programme des Plans Intégrés d’Appui à la Sécurité Nucléaire (INSSP en anglais). Ces plans fournissent un cadre adapté aux États pour évaluer le statut de leur régime de sécurité nucléaire et identifier les activités nécessaires pour le renforcer de manière efficace et durable. Ce sont donc des outils importants pour les États qui souhaitent identifier leurs besoins en matière de sécurité nucléaire, mais aussi pour en coordonner les améliorations avec l’AIEA et les potentiels partenaires, ainsi que pour la planification des activités de l’AIEA. Mon travail consiste à développer de nouveaux INSSP à la demande des États ainsi qu’à préparer et conduire des missions de finalisation et/ou de revue de ces plans pour les pays assignés, selon un cycle établi. Dans ce processus, j’assiste également les parties prenantes de la sécurité nucléaire de ces pays et m’assure qu’elles soient impliquées et coordonnées. Au quotidien, je suis aussi responsable du maintien de la base de données des besoins de ces États. Finalement, je collabore étroitement avec les agents techniques de la division pour assurer la mise en œuvre et le suivi de nos activités visant à améliorer la sécurité nucléaire dans les États concernés. Au cours des six premiers mois de mon JEA, je travaillais en soutien à d’autres agents INSSP et les aidais dans leur travail, notamment pour mener des recherches et faire l’analyse de données. Depuis un an, un portefeuille d’États m’a été attribué et je coordonne donc le programme de nos activités pour renforcer le régime de sécurité nucléaire dans dix-neuf pays en Afrique, dans les Caraïbes et en Europe.

4. Que comptes-tu faire à l’issue de cette expérience ?

Il est évident que j’aimerais poursuivre cette expérience, si cela est possible. Je trouve passionnant de travailler directement avec les parties prenantes des États concernés et de contribuer à l’identification des besoins et mesures pour renforcer leurs régimes nationaux de sécurité nucléaire. Les problématiques de la sécurité nucléaire sont complexes et extrêmement importantes, et j’apprends beaucoup de mes interactions quotidiennes avec des experts dans ce domaine et les États avec lesquels je travaille. Au-delà, ce JEA m’aura permis de renforcer mon parcours professionnel dans la voie que je souhaite poursuivre : celle de la coopération internationale et de la gestion de programmes internationaux de coopération. Comme les questions de sécurité nucléaire et de lutte contre la criminalité en général m’intéressent beaucoup, j’espère continuer à allier ces deux aspects dans ma carrière ; mais je suis également de très près les enjeux et activités liés au développement et serais heureuse de travailler dans ce domaine. Quoi qu’il en soit, je mettrai tout en œuvre pour que ma prochaine aventure professionnelle, qu’elle se situe à l’AIEA, au sein du système des Nations unies ou en dehors, soit aussi enrichissante que celles que j’ai menées jusque-là.

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Dernière modification : 24/07/2018

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