Point de presse sur le dossier iranien du 15.01.2008

Point 6 - IRAN/NUCLEAIRE

- (Le président américain a fait un discours très musclé concernant ce qu’il estime être la menace iranienne pour la région. C’est un discours qui n’a pas été si facilement accepté pour beaucoup, y compris en Europe. M. D’Alema a estimé que la menace était exagérée par le président américain. Quelle est votre interprétation de ce discours et estimez-vous que la menace est prépondérante dans le Golfe ?)

Je vous renvoie à ce que j’ai déjà indiqué à propos du déplacement de M. El Baradeï à Téhéran. Nous estimons que la poursuite du programme nucléaire iranien à finalité militaire est inacceptable. Sans avoir à commenter les déclarations du président Bush, je voudrais redire que nous espérons que le déplacement de M. El Baradeï permettra d’avancer, d’enregistrer des progrès sur ce dossier. Il est indispensable de rétablir la confiance dans le programme nucléaire iranien. Pour cela, il faut que l’Iran fasse la lumière complète sur ses activités nucléaires, passées et présentes, et qu’il coopère avec l’AIEA. Je voudrais rappeler à ce propos qu’en dehors des réponses aux questions en suspens, il y a d’autres obligations internationales qui résultent des résolutions du Conseil des gouverneurs de l’AIEA et du Conseil de sécurité, obligations auxquelles l’Iran doit absolument se soumettre : la suspension des activités sensibles, en particulier l’enrichissement de l’uranium, et la mise en oeuvre du protocole additionnel.

Aujourd’hui, l’Iran ne remplit pas ses obligations internationales. Nous espérons qu’à la suite du déplacement de M. El Baradeï, nous pourrons enfin progresser et que l’Iran pourra montrer que le programme nucléaire dans lequel il est engagé n’a pas de finalité militaire.

- (La France n’est donc pas impressionnée par ce rapport du NIE qui représente quand même 16 agences de renseignements ?)

Comme je l’ai déjà dit, il s’agit d’un rapport des services de renseignements. Nous fondons notre position sur des faits, pas sur des informations qui émaneraient de tel ou tel service de renseignements. L’Iran doit jouer la transparence comme le souhaite l’AIEA. Il doit répondre aux questions que nous lui posons. Il faut que nous puissions obtenir la preuve absolue que son programme nucléaire se déroule conformément aux règles internationales et n’a pas d’autres fins que civiles. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

C’est notre position. Elle ne se fonde pas sur les rapports des services de renseignements de tel ou tel, elle se fonde sur des faits.

- (Vous partagez donc l’avis de M. Bush aujourd’hui ?)

Nous ne pouvons pas accepter que l’Iran ait l’arme nucléaire, c’est très clair et notre position à ce sujet n’a jamais varié.

- (Avez-vous des preuves que ce programme est bien militaire et quelles sont -elles ?)

Nous savons que l’Iran cherche à maîtriser l’activité d’enrichissement. Comme vous le savez cette activité est duale, elle peut être civile ou militaire. Nous avons besoin d’avoir la démonstration absolue que ce programme est uniquement civil. Aujourd’hui, nous ne l’avons pas.

Dernière modification : 24/07/2014

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