OTICE : autour du monde en seize stations

Dans le cadre de son adhésion au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, la France a installé seize stations de surveillance (sismique, hydroacoustiques, infrasons et radioéléments) qui participent pleinement au Système de surveillance international (SSI). Découvrez ces stations et leurs caractéristiques techniques, de l’Antarctique à Paris, en passant par la Polynésie française.

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La France et le système de surveillance international

Le 6 avril 1998, la France a ratifié le traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Outre l’engagement à ne plus conduire d’essais nucléaires, la France s’est engagée à mettre en place sur son territoire national seize stations, dont les emplacements et les caractéristiques techniques ont été définis avec l’OTICE et ses États signataires. Ces seize stations françaises font partie des 321 stations du Système de surveillance international, tel que défini par le Traité, et dont le déploiement a pour objectif de garantir la détection de tout essai nucléaire. Ce système a ainsi permis de détecter et d’analyser les événements survenus ces dernières années en Corée du Nord, et de donner aux États signataires du traité les informations techniques nécessaires.

Les enregistrements de ces stations seront transmis en temps réel à un centre international situé à Vienne (Autriche), chargé de leur analyse. L’objectif du système international est de permettre la détection certaine de toute explosion nucléaire d’une énergie supérieure à 1 kilotonne (soit 1000 tonnes) d’équivalent TNT quel que soit l’endroit du globe où elle se produit, sous terre, dans l’atmosphère ou bien dans les océans.

Autour du monde en seize stations : les stations de mesure françaises

Retrouvez ici les caractéristiques des seize stations installées par la France au titre de sa ratification du traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Les stations de détection de radionucléides

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Ces stations sont équipées du détecteur de type SPALAX, conçu et développé par le CEA/DAM. 

  • RN27, Papeete, Tahiti (statut : certifiée) ;
  • RN28, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe (statut : certifiée) ;
  • RN29, La Réunion (statut : certifiée) ;
  • RN30, Port-aux-Français, Îles Kerguelen (statut : certifiée) ;
  • RN31, Kourou, Guyane française (statut : certifiée)
  • RN32, Dumont d’Urville, Antarctique (statut : certifiée).

Les stations infrasons

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  • IS21, Îles Marquises (statut : certifiée) ;
  • IS22, Port Laguerre, Nouvelle-Calédonie ((statut : certifiée) ;
  • IS23, Îles Kerguelen (statut : certifiée) ;
  • IS24, Tahiti (statut : certifiée) ;
  • IS25, en cours d’implantation.

Les stations hydroacoustiques

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  • HA04, Îles Crozet (statut : certifiée) ;
  • HA05, Guadeloupe (statut : certifiée).

Les stations sismiques

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  • PS18, Tahiti
  • AS032, Mont Dzumac, Nouvelle-Calédonie (statut : certifiée) ;
  • AS033, Montagne des Pères, Guyane française (statut : certifiée).

Comment détecter un essai nucléaire ?

Différentes méthodes peuvent êtres utilisées pour détecter un essai nucléaire. Tout dépend de la nature de l’essai : souterrain, aérien ou sous-marin.

  • Un essai nucléaire souterrain crée des ondes sismiques semblables à celles d’un séisme. On peut donc le détecter à l’aide de sismomètres.
  • Un essai nucléaire aérien n’interagissant que très peu avec le sol, les ondes sismiques ne peuvent être utilisées. En revanche, on peut mesurer les perturbations acoustiques qui sont générées dans l’atmosphère. Pour cela, on utilise alors des microbaromètres. On peut également mesurer les produits radioactifs dispersés dans l’atmosphère lors de l’explosion. Des stations de détection recueillent les particules en suspension dans l’atmosphère et signalent la présence de certains éléments radioactifs caractéristiques d’une explosion nucléaire.
  • Un essai nucléaire sous-marin engendre des ondes acoustiques qui peuvent se propager à très grande distance dans l’eau. Pour le détecter, on utilise des hydrophones. Lorsque ces ondes sont transmises à la terre ferme, des stations de détection sismique prennent le relais et détectent les ondes acoustiques converties en ondes sismiques.

Le système international de surveillance de l’OTICE regroupe ainsi des capteurs recouvrant quatre technologies.

Les stations sismiques

Dans quel but ?
Surveiller le globe, dans l’hypothèse d’une explosion nucléaire souterraine.

Localisation
Par l’intermédiaire de 170 stations de surveillance (50 stations primaires et 120 stations auxiliaires), dans 76 pays dans le monde.

Comment fonctionnent-elles ?
Les stations sismiques sont équipées de capteurs sismiques ou sismomètres afin de mesurer les ondes générées par les événements sismiques (par exemple les tremblements de terre ou les explosions) qui se propagent autour du globe. Les informations mesurées par les stations sismiques aident à déterminer la localisation, la puissance et la nature d’un événement sismique.

Quand fonctionnent-elles
Les stations sismiques primaires fonctionnent en continu (24 heures sur 24) et renvoient leurs informations en temps réel au centre de données international, à Vienne. Les stations auxiliaires ne fournissent des informations qu’à la demande.

Les stations hydroacoustiques

Dans quel but ?
Surveiller les océans, dans l’hypothèse d’une explosion nucléaire sous-marine

Localisation
Par l’intermédiaire de 11 stations - 6 situées sous l’eau et stations T situées sur la terre ferme - déployées dans 8 pays.

Comment fonctionnent-elles ?
Deux technologies sont utilisées : des capteurs hydrophones sous l’eau et des capteurs sismiques sur de petites îles présentant des rivages abruptes. L’eau est un conducteur efficace de l’énergie acoustique, c’est-à-dire du son. Dans ces conditions, onze stations sont suffisantes pour surveiller la plupart des océans du globe.

Quand fonctionnent-elles
Les stations hydroacoustiques fonctionnent en continu (24 heures sur 24) et renvoient leurs informations en temps réel au centre de données international, à Vienne, par satellite.

Les stations infrasons

Dans quel but ?
Surveiller le globe, principalement en cas d’explosion nucléaire atmosphérique.

Localisation
Par l’intermédiaire de 60 capteurs du Système de surveillance international, répartis sur 30 pays.

Comment fonctionnent-elles ?
Les détecteurs infrasons mesurent les micro-changements de pression dans l’atmosphère qui sont générés par la propagation d’ondes infrasonores. Ces ondes de très basse fréquence peuvent également ëtre créées par des explosions nucléaires atmosphériques.

Quand fonctionnent-elles
Les stations hydroacoustiques fonctionnent en continu (24 heures su 24) et renvoient leurs informations en temps réel au centre de données international , à Vienne. Après réception, ces données sont analysées et le résultat de leur exploitation est transmis par satellite aux États signataires.

Les détecteurs de radio-isotopes

Dans quel but ?
Détecter les particules radioactives et les gaz rares (par exemple, le Xenon), dans l’atmosphère.

Localisation
Par l’intermédiaire de 80 stations radionucléides du Système de surveillance international, ainsi que grâce à 16 laboratoires d’analyse de radionucléides réparties sur 27 pays. 40 des 80 stations radionucléides disposent de moyens de détection additionnels pour les gaz rares.

Comment fonctionnent-ils ?
Les particules en suspension dans l’air sont capturées pour être analysées afin de détecter des éléments radioactifs ou radionucléides présents dans ces prélèvements. Des analyses complémentaires sont réalisées pour détecter la présence de gaz rare tel que le xénon. Des radionucléides spécifiques sont discriminants pour prouver de manière univoque une réalisation d’une explosion nucléaire.

Quand fonctionnent-il
La surveillance est réalisée en continu (24 heures sur 24 ). Les laboratoires effectuent des analyses d’échantillons à la demande.

Plus d’informations

Dernière modification : 20/12/2017

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