Lutte contre la traite des êtres humains : 14ème lettre d’information

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Éditorial de M. Jean-Claude Brunet, représentant spécial chargé de la lutte contre la criminalité organisée

La traite des êtres humains est un des pires crimes et une atteinte grave à la dignité humaine. D’après les rapports réguliers de l’ONU et de l’OSCE, en particulier, cette menace criminelle est aujourd’hui de plus en plus développée dans le monde et profite de la vulnérabilité des victimes.

Dans un contexte particulier de fortes pressions migratoires, à partir de régions qui souffrent des conditions de pauvreté et d’instabilité, mais aussi de fragilités accrues par la pandémie, les organisations criminelles organisées exploitent ces vulnérabilités et s’en prennent de plus en plus en particulier aux femmes et aux mineurs.

L’exploitation sexuelle représente une proportion prépondérante de ces activités criminelles, mais le travail ou la mendicité forcés sont également en forte progression. A chaque fois, l’enjeu pour réagir à cette situation doit être double : défendre les droits fondamentaux et la dignité humaine, protégée les victimes et démanteler les réseaux de criminalité organisée qui sont aussi souvent de nature transnationale, impliquent dès lors une entraide entre les pays d’origine et de destination.

La lutte contre la traite des être humains est ainsi une des priorités de la politique de la France et de sa politique étrangère. En tant qu’ambassadeur chargé des menaces criminelles transnationales, cette action en coopération internationale pour le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères fait partie de mes missions, en liaison avec la Mission interministérielle MIPROF qui pilote la mise en œuvre du Second Plan d’action national (2019-2022), sous l’autorité de sa Secrétaire générale et coordinatrice nationale contre la traite, Mme Élisabeth Moiron-Braud.

L’échange d’expérience et la coopération avec nos voisins dans la région du Sud-Est de l’Europe fait partie de nos premiers objectifs et nous sommes mobilisés, avec l’appui du programme mené par le chargé de mission M. Erwann Tor, pour renforcer ces coopérations, en liaison aussi avec l’ONUDC et l’OSCE et la société civile, dont nous saluons l’engagement, l’expertise et le partenariat indispensable.

les derniers mois ont été riches d’activités menées par la France avec ses partenaires, comme en témoigne cette Lettre d’information, et les stratégies et projets sont à nouveau mis en place pour de prochains évènements et coopérations tout au long de l’année 2021, avant une attention particulière qu’apportera la France à ces thématiques au premier semestre 2022 pendant sa présidence de l’Union européenne.

Le récent Congrès mondial de prévention du crime et pour la justice pénale à Kyoto a adopté par sa déclaration une feuille de route pour les cinq prochaines années. La lutte contre la traite des êtres humains figure parmi les priorités.

La France, après avoir rallié la campagne internationale "Cœur bleu" en 2019, s’est à nouveau mobilisée à Vienne pour l’adoption de al récente résolution sur la Traite des êtres humains. Nous poursuivons aussi l’appui financier au Fonds volontaire des Nations unies pour l’aide aux victimes (UNVTF), dont la France est le 5ème contributeur. Avec nos partenaires suédois, nous avons défini sous l’impulsion des Ministres Margot Wallström et Jean-Yves Le Drian, une stratégie commune pour soutenir la lutte contre la traite des êtres humains par exploitation sexuelle, dans le cadre de notre diplomatie féministe et de la vigilance sur le plan de l’égalité femmes-hommes et de la défense des droits ; Cette action conjointe s’inscrit dans le prolongement de la résolution 2103 de 2013 du Parlement européen et vise à promouvoir le modèle abolitionniste et à mieux protéger les victimes en agissant aussi sur la demande.

Enfin, dans le cadre du Second Plan d’action national 2019-2022, la France, qui met en œuvre la directive européenne et la Convention du Conseil de l’Europe et qui a accueilli le mois dernier la mission d’évaluation du GRETA, entend mettre l’accent particulièrement sur l’identification des victimes, leur protection et en particulier celle des mineurs, le démantèlement des réseaux criminels et la lutte contre l’utilisation d’internet pour la traite. La France se mobilise également contre le travail forcé, dans le contexte de la campagne internationale 8.7 des objectifs de développement durable et de la promotion des normes de l’OIT.

Tous nos acteurs ministériels dans cette stratégie sont mobilisés et la coopération internationale figure parmi nos priorités.

Je me réjouis, avec la Secrétaire générale de la MIPROF Mme Boiron-Braud et M. Erwann Tor, chargé de noter programme de coopération en Europe du Sud-Est, de vous retrouver, je l’espère bientôt, dans votre région en particulier ou à Paris, afin de poursuivre notre partenariat dans cette lutte si essentielle pour les droits fondamentaux et la dignité humaine.

Sommaire de la lettre

  • La programmation 2021 des actions de coopération
  • Priorité 1 : la TEH aux fins d’exploitation sexuelle
  • Priorité 2 : TEH et trafic de migrants
  • Priorité 3 : TEH aux fins d’exploitation par le travail
  • Priorité 4 : Les droits de victimes de TEH
  • Priorité 5 : la traite des victimes mineures

Dernière modification : 02/09/2021

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