La coopération franco-allemande : un soutien concret au multilatéralisme

Dans la continuité des engagements pris par le traité de l’Elysée et d’Aix-la-Chapelle, les ministres des affaires étrangères français et allemands ont publié une tribune commune en faveur du multilatéralisme.
Cette coopération étroite se traduit par des réunions régulières pour coordonner nos actions dans toutes les enceintes onusiennes et internationales viennoises.

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Une coopération toujours plus étroite entre la France et l’Allemagne

Depuis la signature du traité de l’Elysée le 22 janvier 1963, renforcé par le récent traité d’Aix-la-Chapelle signé en 2019, la France et l’Allemagne œuvrent de concert pour leur coordination sur les grands enjeux internationaux.

Parmi les nombreux sujets qui sont traités à Vienne, la quasi-totalité des dossiers sont l’occasion de mettre en pratique une approche concertée, que ce soit en matière de non-prolifération nucléaire et sur les dossiers iranien et nord-coréen dans le cadre des travaux de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de l’organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), ou bien en matière de lutte contre les drogues, la criminalité organisée, la corruption et le terrorisme au sein l’office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), ou encore de façon plus transversale sur les questions budgétaires et de gouvernance au sein des organisations internationales.

La représentation permanente de la France et la représentation permanente de l’Allemagne se réunissent régulièrement pour échanger sur ces sujets afin de contribuer à renforcer la convergence des vues entre nos deux pays.

Tribune de Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas, ministres des Affaires étrangères français et allemand. Publiée le 12 novembre 2019

À l’occasion de la 2e édition du Forum de Paris pour la Paix, qui s’est tenu à Paris du 11 au 13 novembre 2019, les ministres des affaires étrangères de la France et de l’Allemagne, MM. Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas, ont publié une tribune conjointe dans le journal Le Figaro pour rappeler l’engagement de nos deux pays en faveur du multilatéralisme.


« Non, le multilatéralisme n’est pas dépassé ! »

Il y a un an, l’Europe célébrait le centenaire de l’armistice de 1918 quand s’est ouvert le premier Forum de Paris sur la paix. Nous participons ensemble aujourd’hui au coup d’envoi de la seconde édition, au lendemain des commémorations du trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin.

Saisissant raccourci historique entre ces deux événements. Le premier a mis fin au premier des deux grands désastres du XXe siècle, dont le sol européen a été le principal théâtre. Le second laissait enfin espérer, soixante-dix ans plus tard, la réconciliation de notre continent et la possibilité de forger, ensemble, notre destin commun.

La résonance entre ces deux anniversaires nous rappelle que l’Europe est toujours parvenue à surmonter ses plus amères divisions, et à renaître de ses propres ruines. Elle rend justice à l’Union européenne, cette conquête inédite qui a assuré la démocratie et installé la paix entre des pays qui s’étaient si terriblement déchirés. Elle suffit à expliquer pourquoi nous, Européens, serons toujours en première ligne pour défendre les valeurs qui sont au cœur du système multilatéral. Le multilatéralisme n’est pas seulement une manière de régler les affaires du monde par la coopération des États. C’est aussi une certaine idée de l’ordre mondial et une certaine idée de l’humanité, fondées sur l’héritage des Lumières, le choix de la rationalité, le respect de la règle de droit et la recherche du progrès commun. C’est au nom de ces principes que nous invitons nos partenaires du monde entier à nous rejoindre pour contrer la spectaculaire remise en cause qui frappe le multilatéralisme et l’organisation qui en est le symbole, les Nations unies.

Dans un monde en proie à la violence et aux inégalités, en état d’urgence environnemental, confronté à une révolution technologique sans précédent, il y a là un paradoxe qui aurait sans doute de quoi surprendre. Car, de toute évidence, les défis communs appellent des réponses communes. Mais nous n’avons plus le temps nous étonner. Nous devons agir.

Nous avons commencé à poser les jalons d’un multilatéralisme rénové, plus inclusif et ouvert à tous les acteurs qui comptent aujourd’hui : les États, mais aussi les acteurs de l’économie mondiale et les représentants des sociétés civiles. C’est l’ambition de l’Alliance pour le multilatéralisme.

Le succès de la première réunion ministérielle de l’Alliance pour le multilatéralisme, au mois de septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a montré que nous sommes nombreux à penser que le multilatéralisme est, plus qu’une simple méthode de travail, un bien commun à préserver. Plus de cinquante ministres des Affaires étrangères de tous les continents sont désormais à nos côtés.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle organisation internationale, mais d’un réseau flexible de ministres des Affaires étrangères, de toutes les régions du monde, déterminés à renforcer la gouvernance mondiale et à apporter des réponses concrètes sur des sujets où nous avons des intérêts et des valeurs à défendre en commun : droits de l’Homme et droit international humanitaire, sécurité collective, réduction des inégalités, technologies du futur et biens publics mondiaux, au premier rang desquels se trouve bien sûr le climat.

Aujourd’hui, à l’occasion du Forum de Paris sur la paix, l’Alliance pour le multilatéralisme se réunira pour traiter d’un enjeu majeur : la régulation de l’espace numérique. Faute de règles adaptées, cet espace sans frontières risque de devenir une zone de non-droit d’un genre inédit, et d’une ampleur jamais égalée. Si nous ne voulons pas voir se multiplier les atteintes à la vie privée des individus, les attaques à l’encontre des infrastructures vitales, les pratiques d’espionnage industriel, les manipulations de l’information ou encore les discours de haine en ligne, nous devons nous concerter pour inventer les principes et les outils du XXIe siècle. États, grands groupes du secteur, organisations internationales, journalistes, société civile - nous avons tous un rôle à jouer pour que la révolution numérique tienne les promesses de liberté, d’échanges et de prospérité dont elle est porteuse.

Notre Alliance, qui se réunit dans différents formats et configurations, se réunira ensuite à Berlin, le 10 décembre, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme. Elle se réunira ensuite de nouveau en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich.

Renoncer au multilatéralisme, parce que certains se désengagent et que d’autres instrumentalisent les organisations internationales à leurs propres fins, ce serait accepter de vivre dans un monde sans filet de sécurité. Nous, la France, l’Allemagne, et plus largement nous Européens, à qui l’Histoire a enseigné le prix de la division, ne saurions nous résoudre à cette régression. Nos partenaires non plus. Nous restons, de loin, les plus nombreux.

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Dernière modification : 19/11/2019

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