La France et le développement de l’énergie nucléaire civile dans le monde

Des pays de plus en plus nombreux souhaitent développer les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, pour des raisons tenant à la protection de l’environnement, à la compétitivité économique et à la sécurité de l’approvisionnement énergétique. En effet, la croissance rapide des pays en développement sur la base des énergies fossiles conduit à un accroissement des émissions de gaz à effet de serre. Le nucléaire est, au contraire, une énergie du développement durable capable de produire une électricité de masse, prévisible, fiable, compétitive, sur un espace réduit, et très faiblement carbonée. Par ailleurs, l’accroissement du prix des hydrocarbures et la perspective de raréfaction des ressources fossiles incitent ces Etats à se tourner vers de nouvelles sources d’énergie. L’énergie nucléaire se présente désormais, pour de nombreux pays, comme la seule solution capable d’allier croissance économique et indépendance énergétique tout en respectant les objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre, fixés par les conventions internationales en la matière.

La « renaissance » du nucléaire, initiée en 2004, intervient dans des pays déjà équipés de centrales électronucléaires (Etats-Unis, Chine, Europe occidentale) mais concerne aussi, de plus en plus, de nouveaux aspirants au nucléaire, principalement au Moyen-Orient et en Asie. L’Agence internationale de l’énergie atomique en a identifié une soixantaine, et les demandes d’aide dans le domaine ont été multipliées par trois en 2009.

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Carte des pays primo-accédants
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La France, qui dispose d’une expertise reconnue et d’une expérience unique dans ce domaine, est prête à répondre favorablement à ces demandes. Elle a organisé, les 8 et 9 mars 2010, la Conférence internationale sur l’accès au nucléaire civil, en coordination avec l’AIEA et avec le soutien de l’OCDE, à laquelle 63 pays ont participé, réunissant approximativement 1000 participants, dont 90 ministres, le Directeur général de l’AIEA ainsi que 2 Directeurs adjoints de cette même agence. Dans son discours d’ouverture, le président de la République a affirmé que la France avait un devoir, « celui de partager son expérience avec tous ceux qui veulent accéder ou qui veulent relancer des programmes nucléaires civils », et que ce partage était "un élément décisif pour le respect des préoccupations environnementales et d’un meilleur partage des richesses sur la planète".

Pour plus d’informations sur la Conférence internationale sur l’accès au nucléaire civil, cliquez ici

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Discours d’ouverture du Président de la République, Nicolas Sarkozy
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Discours du Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano
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La coopération nucléaire civile est conforme à nos engagements au titre du TNP : l’article IV du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires demande aux Etats possesseurs de technologie nucléaire d’aider les autres Etats à en développer les applications civiles.

Pour plus d’inforamtions sur les usages pacifiques de l’énergie nucléaire à la conférence du TNP, cliquez ici

Cependant, la France estime aussi que l’énergie nucléaire civile doit faire l’objet d’un développement responsable. Nos coopérations bilatérales s’inscrivent donc dans le strict respect des normes les plus exigeantes de sûreté, de sécurité et de non prolifération.
Notre pays inscrit sa politique nucléaire extérieure dans un cadre rigoureux, transparent et multilatéral. En matière d’exportations nucléaires, la France a une politique consistant à distinguer, d’une part, la fourniture de réacteurs fondés sur une technologie non proliférante (les réacteurs à eau légère) et la fourniture du combustible nécessaire à leur fonctionnement et, d’autre part, l’exportation de technologies plus sensibles du cycle (enrichissement et retraitement). Elle promeut dans le cadre du groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) un encadrement plus strict de ce type de coopérations.

Par ailleurs, tout accord bilatéral de coopération nucléaire que la France conclut est soumis au contrôle de la Commission européenne pour vérification de sa parfaite compatibilité avec le Traité EURATOM. La publication officielle et systématique de l’ensemble de ces accords répond à la volonté de totale transparence de notre pays quant à sa politique nucléaire extérieure.

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Carte des coopérations nucléaires de la France
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Enfin, pour exporter des technologies nucléaires, la France impose à la totalité des installations construites d’être placées sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elle engage également les Etats avec lesquels elle coopère à adhérer dans les meilleurs délais à l’ensemble des conventions pertinentes et les encourage tout particulièrement à compléter leurs accords de garanties conclus avec l’AIEA par la signature d’un protocole additionnel.

En conclusion, la France entend aider les pays respectueux de leurs engagements à mettre en place le cadre et les infrastructures nécessaires au développement responsable d’un programme électronucléaire. Pour ce faire, elle s’est dotée d’une agence spécialisée pour accompagner les pays dans la mise en place des infrastructures nécessaires au développement durable et responsable de l’énergie nucléaire.

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Informations sur l’Agence France Nucléaire International
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Sources : Ministère des Affaires Etrangères et Européennes

Dernière modification : 03/08/2011

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