Journée mondiale contre la traite des êtres humains (30 juillet 2020)

Combattre la traite des êtres humains, c’est réaffirmer que le corps n’est pas une marchandise et que la dignité humaine n’est pas un vain mot. Pendant la crise du COVID-19, le rôle essentiel des premiers intervenants est devenu encore plus important. La campagne Cœur bleu a pour objet d’encourager chacun à s’impliquer et à soutenir la lutte contre ce crime.

PNG

Depuis 2014, le 30 juillet est la Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains. Le principe de cette journée mondiale a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2013 (résolution 68/192).

Ce trafic, l’un des plus rentables au monde, génère 150 milliards de dollars de profits criminels et représente un enjeu de sécurité globale : corruption, migrations irrégulières, terrorisme.

Derrière ces chiffres, ce sont des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, exploités à des fins de prostitution, forcés à travailler, mendier, à commettre des délits, réduits en esclave, par celles et ceux qui ont fait de leur vulnérabilité leur fonds de commerce.

La France n’est pas épargnée.

Grâce à la mobilisation de tous les services de l’État et des associations, la lutte contre la traite est devenue une politique publique à part entière : le premier plan d’action national contre la traite des êtres humains a vu le jour en 2014 afin de prévenir le phénomène, mettre fin à l’impunité des réseaux criminels et protéger les victimes à l’échelle nationale et internationale. La loi du 13 avril 2016, qui abroge le délit de racolage et sanctionne le recours à la prostitution, avec l’objectif de mieux protéger les prostitués en dissuadant la demande, en a été un vecteur déterminant.

Le deuxième plan d’action national pour la lutte contre la traite, adopté en octobre 2019 pour la période 2019-2021, se décline en 45 mesures qui s’articulent autour de 6 axes :

  1. informer et communiquer pour mieux prévenir le phénomène ;
  2. définir une stratégie d’identification des victimes ;
  3. protéger et accompagner les victimes de la traite ;
  4. intensifier la répression des auteurs ;
  5. coordonner l’action publique de la lutte contre la traite des êtres humains ;
  6. renforcer la coopération aux niveaux européen et international.

Le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères contribue à cet effort, en promouvant la mise en œuvre des instruments juridiques visant à renforcer la coopération internationale, notamment la Convention de Palerme dont nous célébrons les 20 ans cette année.

Les ministres français et suédois des Affaires étrangères se sont engagés à renforcer la coopération entre nos deux pays afin de lutter contre la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle. Cet engagement bilatéral se traduit notamment par la promotion active de l’abolition de la prostitution partout dans le monde.

JPEG

La France s’attache également à développer une coopération étroite avec les régions les plus touchées par les différentes formes de traite des êtres humains, en particulier en Afrique, dans le cadre du projet d’appui à la lutte contre la traite des personnes dans les pays du Golfe de Guinée mis en œuvre par Expertise France et co-financé avec l’UE et en Europe du sud-est en lien avec l’UE, l’ONUDC et l’OSCE.

Dans le cadre de sa stratégie pour les Balkans occidentaux, la France souhaite ainsi renforcer sa coopération bilatérale avec les pays de la région dans le domaine de la justice, en poursuivant la coopération technique en matière de lutte contre la traite des êtres humains.

La mission du chargé de mission « lutte contre la traite des êtres humains et criminalité connexe » à la Représentation permanente de la France auprès des Nations Unies et des Organisations Internationales à Vienne s’inscrit dans le cadre de cette stratégie.

Désireux de sensibiliser le public au sort des de victimes de ce crime dans le monde, l’Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) organise chaque année à Vienne le 30 juillet des évènements consacrés aux victimes de la traite des êtres humains.

JPEG

Engagés pour la cause - Travailler en première ligne pour mettre fin à la traite des êtres humains

Cette année, l’ONUDC se concentre sur les premiers intervenants en matière de traite des personnes. Ce sont des personnes qui travaillent dans différents secteurs - identifiant, soutenant, conseillant et demandant justice pour les victimes de la traite, et contestant l’impunité des trafiquants.

Pendant la crise du COVID-19, le rôle essentiel des premiers intervenants est devenu encore plus important. D’autant que les restrictions imposées par la pandémie ont rendu leur travail encore plus difficile.

Les histoires des premiers intervenants sont présentées sur la page web de la Journée mondiale www.endht.org.

Pour mobiliser l’opinion publique dans le monde entier contre la traite des êtres humains, l’ONUDC a lancé la campagne Cœur bleu. Elle est ouverte à tous ceux qui souhaitent y participer et « porter » un cœur bleu en signe de soutien.

Le fonds fiduciaire des Nations Unies pour les victimes de traite des êtres humains (United Nations Voluntary Trust fund / UNVTF) facilite l’assistance et la protection des victimes de la traite sur le terrain, notamment par le biais de subventions accordées à des associations spécialisées.

La France est le 5ème contributeur de ce fonds.

En faisant un don au fonds au profit des victimes, vous aiderez les survivants de ces crimes à reprendre leur destin en main et à se construire un nouvel avenir.

JPEG

Dernière modification : 31/07/2020

Haut de page