La promotion du multilinguisme

La promotion du multilinguisme, un engagement de la France

La promotion du multilinguisme et le soutien de la place de la langue française aux Nations unies et dans les organisations internationales à Vienne constituent un enjeu majeur au cœur même de l’action de la Représentation permanente. Notre rôle à Vienne est de contribuer à faire vivre, en lien avec nos partenaires de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la communauté francophone et de promouvoir le rôle structurant de la Francophonie et l’importance du multilinguisme aux Nations unies.

Pour rappel, le français est, avec l’anglais, la seule langue parlée sur les cinq continents. Le français se situe au 9ème rang des langues les plus utilisées. D’après les données publiées par l’OIF, on compte aujourd’hui près de 300 millions de francophones à travers le monde, soit plus de 4% de la population mondiale. L’Europe regroupe 44 % de la population francophone, l’Amérique 7,6 %, l’Afrique 46,3 %, l’Asie 1,8 % et l’Océanie 0,3 %. On peut y ajouter 100 millions d’apprenants et un million de professeurs de français dans le monde.

Présent dans les systèmes d’enseignement du monde entier, le français est la 2ème langue la plus apprise après l’anglais avec près de 120 millions d’élèves et un demi-million de professeurs de français à l’étranger. Vecteur de communication internationale, le français est une langue de travail dans les enceintes multilatérales (ONU, OMC, OCDE, OIT…), européennes (Union Européenne, Conseil de l’Europe) et africaines (Union Africaine) . Il occuperait 5% de l’espace Internet. Il est la 3ème langue la plus utilisée sur Facebook et Wikipédia. Il est l’une des langues de la vie économique internationale, notamment au sein de l’espace francophone qui représente environ 15% de la richesse mondiale.

Afin de promouvoir le français et la francophonie, vecteur de rayonnement et d’influence, la diplomatie française a mis en place deux politiques qui mobilisent plus de 500 agents expatriés dans le monde :

  • une politique bilatérale qui vise à consolider la place du français à l’extérieur de nos frontières au moyen d’actions de coopération avec les autorités locales pour développer le français dans leur système éducatif (plaidoyer pour l’enseignement d’au moins deux langues étrangères, formation de professeurs, développement de l’enseignement bilingue…) et d’une activité directe d’enseignement conduite par les réseaux culturel et scolaire français.
  • une politique multilatérale qui vise à réunir les pays francophones dans une communauté politique. La France a soutenu la création de l’Agence internationale de la francophonie en 1970. Devenue l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en 2005, elle regroupe aujourd’hui 88 Etats membres, associés et observateurs ayant le français comme langue de référence. Cette francophonie institutionnelle contribue à la paix, à la démocratie, aux droits de l’Homme, à la promotion du français et de la diversité culturelle ainsi qu’au développement d’une prospérité partagée et durable.

Promouvoir le multilinguisme pour un multilatéralisme effectif

En application de la résolution 2 (I) du 1er février 1946, l’Organisation des Nations unies (ONU) utilise six langues officielles dans ses réunions intergouvernementales et ses documents : l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe. La même résolution précise que les deux langues de travail du Secrétariat sont l’anglais et le français.

La promotion du multilinguisme constitue un enjeu majeur de notre action et s’inscrit dans le cadre du respect d’une obligation statutaire des Nations Unies mais également de la garantie d’un multilatéralisme effectif, gage d’efficacité de nos travaux à Vienne dans différentes instances.

Le français est l’une des six langues officielles et l’une des deux langues de travail des Secrétariats de l’Office des Nations Unies à Vienne (ONUV), l’Organisation des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI), l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et du Bureau des affaires spatiales (BAS). Le Français est également l’une des six langues officielles de l’Agence international de l’énergie atomique (AIEA) et de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaire (OTICE), bien qu’aucun texte n’indique quelles sont les langues de travail des Secrétariats. En outre, la promotion de la place du français dans les organisations internationales répond plus largement à un souci de promotion du multilinguisme et, par là-même, de la diversité culturelle, « patrimoine commun de l’humanité » (Convention de l’Unesco de 2005).

Lors de la 73ème session de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), une nouvelle résolution sur le multilinguisme a été adoptée sans vote par la session plénière de l’Assemblée générale en septembre 2019, qui rappelle notamment les points suivants :

  • le multilinguisme est reconnu comme participant à la réalisation des objectifs de l’ONU, et comme un élément clé pour préserver la diversité des langues et des cultures dans le monde ;
  • la responsabilité du Secrétariat d’intégrer le multilinguisme dans ses activités est affirmée. Il convient donc de s’enquérir des mesures prises au niveau des différents départements pour assurer la mise en œuvre de ce mandat ;
  • ont été pérennisées les fonctions de Coordinateur pour le multilinguisme ; c’est Mme. Catherine Pollard (République Coopérative de Guyana) qui est l’actuelle coordinatrice ;
  • La nécessité de poursuivre la pratique déjà établie des Journées des langues aux Nations Unies (20 mars pour le français) est soulignée, avec si nécessaire la participation d’organisations partenaires.

L’action de la Francophonie et le multilinguisme sont fortement soutenus par le Secrétaire général des Nations Unies (SGNU). Enfin, la thématique du multilinguisme aux Nations unies, gage d’un multilatéralisme effectif, a fait l’objet d’un rapport très complet du corps commun d’inspection des Nations Unies (ambassadeur M. Papa Louis Fall) en 2011.

Dernière modification : 18/03/2020

Haut de page