Conseil de sécurité (2 avril 2019) : réunion ministérielle en vue de la PrepComm TNP 2020

À l’initiative de la présidence allemande du conseil de sécurité des Nation unies (CSNU), une réunion ministérielle s’est tenue le 2 avril 2019 à New York intitulée « Soutenir le Traité de non-prolifération dans la perspective de la Conférence d’examen de 2020 ». Après une intervention de Mme. Izumi Nakamitsu, Haut-Représentante pour les affaires de désarmement de l’ONU et du directeur général de l’AIEA, M. Yukiya AMANO, les ministres des affaires étrangères du CSNU ont pris la parole. Pour la France, M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a rappelé notre soutien au TNP, à l’AIEA mais aussi au TICE.

JPEG

Réunion ministérielle du Conseil de sécurité des Nations unies dédiée au traité sur la non-prolifération des armes nucléaire

Depuis le 1er avril, à la suite de la présidence française, c’est l’Allemagne qui assure la présidence mensuelle du conseil de sécurité des Nations unies. C’est à l’initiative de cette dernière qu’une réunion ministérielle s’est tenue ce mardi 2 avril, intitulée « Soutenir le Traité de non-prolifération dans la perspective de la Conférence d’examen de 2020 ». Le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) fait l’objet, tous les cinq ans, d’une conférence d’examen au cours de laquelle tous les États partie au traité échangent sur la mise en œuvre de celui-ci et sur les progrès réalisés pour chacun des trois piliers qui le compose :

  • désarmement nucléaire,
  • lutte contre la prolifération,
  • soutien aux applications pacifiques des technologies nucléaires (dont l’énergie).

La prochaine conférence d’examen se tiendra à New York, au printemps 2020 ; au préalable, un comité préparatoire à cette conférence d’examen se tiendra à partir du 24 avril 2019 à New York, sous la présidence de la Malaisie.

JPEG

Cette réunion a été marquée par une intervention liminaire de M. Yukiya AMANO, directeur général de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Dans son discours, M. Amano a rappelé le rôle dévolu à l’AIEA conformément aux 2e et 3e piliers du TNP. Ainsi l’AIEA a-t-elle développé, dans le cadre des accords de garanties, un dispositif appelé protocole additionnel (PA) dont l’universalisation permettra de renforcer la lutte contre la prolifération. Aujourd’hui 134 États ont mis en place un protocole additionnel avec l’AIEA. M. Amano a également mentionné l’action conduite par l’AIEA en Iran, au titre du JCPoA, et la disponibilité de l’agence dans le cadre d’un prochain accord sur la Corée du nord. Concernant la mise en œuvre du troisième pilier du TNP, M. Amano a rappelé le programme dit de la Coopération technique par lequel l’AIEA participe directement au développement des sciences nucléaires dans de nombreux pays en développement, grâce aux financements extrabudgétaires versés par les Etats membres. Le directeur général a enfin rappelé l’importance de l’énergie nucléaire dans le monde et le rôle qu’elle joue actuellement et jouera encore dans la lutte contre le changement climatique, en tant que source majeur d’énergie à très faible coût carbone.
Mme. Izumi Nakamitsu, Haut-Représentante pour les affaires de désarmement de l’ONU, s’est également adressée au conseil.

JPEG

Discours de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères

Pour la France, membre permanent du conseil de sécurité, c’est M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, qui a pris la parole. Soulignant l’importance du multilatéralisme, le ministre a rappelé que « le TNP demeure la clef de voûte de la stabilité stratégique à l’échelle mondiale. Il représente un rempart irremplaçable face au risque de prolifération nucléaire.  ». Le ministre a rappelé, 50 ans après son entrée en vigueur, les réussites patentes du traité pour la lutte contre la prolifération mais aussi le développement des activités pacifiques des sciences nucléaires. Il a alerté sur les risques qui pèsent aujourd’hui sur le traité, du fait des crises actuellement en cours (notamment l’Iran et la Corée du nord).
La France, soucieuse de préserver le TNP, souhaite renforce encore l’engagement de la communauté internationale par la mise en œuvre d’un traité d’interdiction de production de matière fissile de qualité militaire (Fissile material Cut off Treaty, FMCT), l’entrée en vigueur dès que possible du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) ainsi que l’extension du traité New Start. La France reste également particulièrement engagée dans la préservation du plan d’action global conjoint sur le nucléaire iranien (JCPoA) ainsi que dans le soutien au développement du nucléaire civil conformément aux exigences de sûreté, de sécurité et dans le respect des accords de garantie et des protocoles additionnels mis en œuvre par l’AIEA.

JPEG

À l’issue de cette réunion, un communiqué de presse a été diffusé par la présidence allemande du conseil de sécurité.
Vous pouvez regarder l’intégralité de la réunion, avec la traduction française, ci-dessous :

Plus d’information

Dernière modification : 03/04/2019

Haut de page