Alerte Tsunami : la France et l’OTICE au service de la communauté internationale

Le 5 novembre est la journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis. S’il est impossible d’empêcher de telles catastrophes naturelles, la France ainsi que l’OTICE ont choisi de mettre leurs compétences liées à la détection des activités sismiques au service de la communauté internationale pour renforcer les dispositifs d’alerte et d’évacuation préventive de populations.

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Un phénomène de tsunami est une catastrophe naturelle rare mais qui a des effets dévastateurs. Au cours du siècle passé, 58 tsunamis se sont produits. Ils ont provoqué la mort de plus de 260 000 personnes, soit en moyenne près de 4 600 décès par tsunami. L’un des tsunamis les plus dévastateurs s’est produit en décembre 2004 dans l’océan indien. Il a affecté 14 pays, dont l’Indonésie, le Sri Lanka, l’Inde et la Thaïlande, faisant plus de 227 000 morts et disparus.

Le système de surveillance de l’Organisation du traité pour l’interdiction complète des essais nucléaires

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Le système d’alerte global de l’OTICE, conçu pour détection toutes les explosions nucléaires, est également capable de détecter les tremblements de terre qui sont à l’origine des tsunamis. Les informations sont enregistrées par les stations sismiques et hydro-acoustiques qui surveillent les sous-sols et les océans. Elles sont ensuite transmises par l’OTICE, en temps quasi-réel, aux centres d’alerte tsunami, notamment ceux qui couvrent les océans pacifique et indien. Actuellement, les centres d’alerte tsunami de 14 pays, présentant un risque élevé de tsunami, reçoivent des données depuis environ 100 stations de l’OTICE. La liste des pays qui ont conclu un accord sur l’alerte tsunami avec l’OTICE est accessible, pays par pays, dans la fiche signalétique de chaque Etat membre de l’OTICE.

Les centres d'alerte tsunami de 14 pays (en vert sur la carte) reçoivent à ce jour des données en provenance de 100 stations du réseau de surveillance (points rouges) - JPEG
Les centres d’alerte tsunami de 14 pays (en vert sur la carte) reçoivent à ce jour des données en provenance de 100 stations du réseau de surveillance (points rouges).

La détection des tsunamis par le Commissariat à l’Energie atomique et aux énergies alternatives (CEA)

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Le CEA, dans sa mission historique de lutte contre la prolifération nucléaire, assure également une surveillance et détection des activités sismiques.
De très nombreuses stations sismiques couvrent par ailleurs le globe. Elles font partie de réseaux internationaux (Iris, Geoscope, …) ou nationaux (par exemple le réseau RESIF pour la France). La plupart de leurs données sont aujourd’hui accessibles en temps réel via Internet, permettant aux organismes qui en ont la charge (NEIC aux Etats-Unis, CSEM en Europe, …) de publier des catalogues de sismicité – grâce auxquels on peut quantifier l’aléa sismique (différent du risque sismique) – ou d’émettre rapidement des alertes lorsqu’un fort séisme est détecté.

Le tsunami de Sumatra, en 2004, a marqué un tournant au niveau mondial : alors qu’il n’existait jusque-là que deux centres d’alerte aux tsunamis (exploités respectivement par les Etats-Unis et le Japon dans l’océan Pacifique), la communauté internationale décide alors de mettre en place des systèmes d’alerte aux tsunamis dans l’ensemble des bassins océaniques. Par ailleurs, dans le cadre d’une partie moins connue de ses activités, l’Unesco qui a été mandaté pour coordonner la mise en place de ces systèmes, a ainsi créé notamment le groupe intergouvernemental de coordination du système d’alerte aux tsunamis pour l’Atlantique nord-est, la Méditerranée et les mers connectées.

Fort de l’expérience de ses équipes dans le domaine de la détection des essais nucléaires, le CEA est également chargé de détecter tout événement sismique naturel, de le localiser rapidement, d’en calculer la magnitude et d’émettre une alerte à destination des pouvoirs publics. C’est au Département analyse, surveillance, environnement (DASE) de la DAM, expert reconnu de la détection opérationnelle, que revient ce rôle.
Ses activités ne se limitent pas à la détection, mais comprennent également des études de risque sismique pour des zones géographiques données.

Par ailleurs, sur une zone s’étendant de l’Atlantique nord-est à la Méditerranée occidentale, en partenariat avec le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le CEA s’est vu confier, par les ministères chargés de la sécurité civile et de la prévention des risques, la création et l’exploitation d’un centre d’alerte aux tsunamis : le CENALT. Basé sur le site du centre CEA de Bruyères-le-Châtel (Essonne), ce centre a pour mission d’alerter les autorités nationales en charge de la protection de la population et d’informer les autorités des pays riverains de la Méditerranée occidentale.

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Pour aller plus loin :

Dernière modification : 03/11/2017

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